
Sur les photos prises mercredi et publiées par l'Institut pour la Science et la Sécurité Internationale (ISIS), un bâtiment, soupçonné d'être celui d'un réacteur, visible sur les clichés pris avant le raid aérien du 6 septembre a disparu et le sol complètement déblayé.
Le rapport de l'institut, basé à Washington, dit que "Démanteler et enlever le bâtiment à une telle vitesse complique fortement toute inspection par l'AIEA et laisse soupçonner que la Syrie essaie de cacher quelque chose."
Des tracteurs et des bulldozers sont visibles là où se trouvait le bâtiment, selon l'ISIS, dont la tâche est de surveiller les activités nucléaires qui pourraient devenir des menaces de prolifération d'armes atomiques.
Selon l'institut, ce qui semble être une tranchée pourrait montrer que les syriens dégagent des canalisations enterrées entre le bâtiment désormais démoli et une structure proche, toujours debout, qui pourrait avoir été une station de pompage devant fournir l'eau au réacteur.
Aucun commentaire n'a été fait par l'AIEA à Vienne qui n'a tiré encore aucune conclusion.

La surveillance de l'Union Européenne a demandé des explications à Damas immédiatement après le bombardement du 6 septembre.
Israël a confirmé avoir mené un raid sur la Syrie le 6 septembre, mais n'en a pas décrit la cible.
La Syrie, de son côté, a simplement déclaré que la cible était un bâtiment en construction.
Dans le cas où la Syrie aurait réellement été en train de construire un nouveau réacteur atomique, elle aurait été obligée d'en informer l'AIEA et de fournir les données afférentes à sa construction dès la décision de construction prise.
La Syrie est membre de l'AIEA et signataire des accords de non prolifération du nucléaire. Elle a pour l'instant déclaré un unique réacteur de petite taille dédié à la recherche et soumis aux inspections de l'AIEA.
ISIS, la première organisation à montrer publiquement ce que les avions israeliens ont pris pour cible, a déclaré dans un précédent rapport que le site présentait des ressemblances avec un réacteur nucléaire nord-coréen.
Les experts nucléaires ont toutefois poussé à la prudence lors de l'interprétation des photos satellite, arguant du fait que ce type de réacteur choisi par la Corée du Nord avait peu de caractéristiques faciles à identifier depuis les airs.
Depuis 2003, l'AIEA n'a cessé d'enquêter sur les soupçons de l'Ouest portant sur des tentatives secrètes de l'Iran de mettre au point des bombes atomiques, alors que l'Iran proteste de sa bonne foi, déclarant que son programme d'énergie nucléaire est seulement supposé lui fournir une source d'électricité alternative.